jeudi, août 25, 2005

On s'apaisera

On s'apaisera
Des douceurs de provence
De ciels couverts de nous
D'un pas de danse
Du temps qui passera

On s'apaisera
D'un lupin de papier
De rivières folles en nous
D'un jour d'été
Du temps qui fuira

On s'apaisera
D'un savon doux
De parfums riches de nous
D'une pluie d'époux
Du temps qui partira

On s'apaisera
De routes croisées
De baisers d'autres que nous
D'un nouveau-né
De n'être plus là.

l'importance des jours où on ne sait pas

Si l'important, c'est d'aimer
Mais qu'on s'enfuit toujours
Pour espérer...
le coeur, mi léger mi lourd
Vers d'ailleurs lointains
je n'aurai de cesse
je boirai du vin
et je tiendrai promesse

Et si l'important, c'est d'aimer
Mais qu'on repart toujours
pour s'envoler...
le coeur, mi léger mi lourd
vers d'autres horizons
qui, toujours, seront
aussi triste que mornes
Et futiles et vains
Mais nous savons que Rome,
n'est pas si loin.

Et que l'amour n'est qu'un
Et qu'il n'a pas de fin
Alors, je croirai, enfin
Que peut-être, qu'un...
Ou des... ou... demain?

Ou jamais, ou rien.

Si l'important c'est d'aimer
L'important c'est d'y croire
Qu'importe tout le noir
L'important, c'est d'espérer

mercredi, août 24, 2005

Innondation

Sur des flots intemporels
Que les lunes n'éclipsent jamais
Je flotte
Échaudé, noyé
Une mer immense et riche
Gorgée de douceur infinie
Habillée de soie verte
Et morte en mon coeur

Rengaine du rompu

Dormir
Jusqu'au méandres de la solitude
Et ne vivre que de rêves abolis
Des déserts de plénitude
À envier tous les malapris

Dormir, fuir
À jamais sur des terres d'Asie
Sur des chemins pavés vendus
Dérouter les dieux ébahis
Jusqu'à la mort prétendue

Fuir
À contretemps sur un fil rompu
Soulevé de vicissitudes
Enseveli à maudire, mains nues
Des torrents d'incertitude

Et l'existence éternelle est une plaie impansable.

Enfantons.

On perd l'enfance et on veut procréer.

Comme si on la retrouvait, quelle plaie!

lundi, août 22, 2005

M'enfin

M'enfin, ça va
Je vois bien
Vraiment, ça ira
Ou peut-être demain

Même si à franchement parler
J'en ai rudement marre.

Bof.

dimanche, août 21, 2005

Racoleuse.

Nos deux corps ensembles
Tiédissent tous nos sangs
Le tiens chaud refroidit
Et moi je vieillis

Regarde sous nos peaux éperdues
Les citées manuscrites
Sur des pierres inédites
Et j'espère un peu plus

Mais désormais piégés
Je perçois la chute
Nos étoiles tombées
Sur des sentiers abrupts

Rêves-tu ou tu meurs?
Ou tu fuis, ou tu craques
Peux-tu croire que je pleure
Tout mon soûl sur l'arnaque

Nos deux corps ensembles
Tiédissent tous nos sangs
Le tiens chaud refroidit
Et moi je vieillis

Mais vois donc mon amour
Mon amie inconnue
Touche de ce velours
Par-delà nos corps nus

Je sais bien l'incongru
Tu rigoles, j'ai la haine
D'une victime éperdue
Sans appel, je m'égraine

Et je veux t'émouvoir
Je m'enlise, c'est notoire
À tout perdre, la raison
N'est plus qu'une tradition

Et puisqu'on en viole déjà...
Racoleuse, tu m'a eu.

Nos deux corps ensembles
Tiédissent tous nos sangs
Le tiens chaud refroidit
Et je me meurtris.

Génie et bouteille

Ils s'en allaient, peinards
Où bien bu c'est pléonasme
Sur le chemin des routards
Derrière et devant que marasmes

À la croisée d'hier et demain,
cuvaient en quarantaine des vins
Aux effluves effeuillées, vilaines
Jusqu'au cul des porcelaines

Mais, vil exemple taciturne
S'ennivraient et, vauriens
Se terraient sous des urnes
Qu'échapperaient à vos mains

Fallait pas dire «après»
C'était bien trop loin
L'avenir est tout près
Quand on ne voit pas sa main

Encore déroutaient les ringards
Sur de nébuleux sentiers
Et n'y trouvèrent, malabars
Que des pierres esseulées

Dans le ventre des chiens,
S'entassaient les whisky
Ah! ce qu'on rirait bien
Si nous y étions aussi

Et ce fut la pagaille
Entre l'homme et la nuit
Cherchez pas trop la faille
Les souvenirs sont enfuis

Mais à la mer de Champlain
S'sont jetés comme des louttres
Nos deux bons citadins
Avaient goût pour la goutte

Sur le chemin des départs
Y'a que sables mouvants
Où s'enliseront tôt où tard
Même les bons vivants.

L'air pur

Déjà je respire un peu mieux
Comme les feuilles d'un stolon se tendent
Vers l'avenir lumineux
Où les nébuleuses nous attendent.

jeudi, août 18, 2005

En bouteille (de verre.)

Je suis une mouche
Vulgaire volatile
Quelques ailes fragiles
Au coin d'une bouche

Puis j'ai trouvé ma fenêtre, pas idée comment je vais me la pêter, la tête, à reculons, avançons, tourbillon, à tâtons et à perdre la raison, j'ai trouvé ma fenêtre et je vais m'y cogner, m'y sabler, m'y sabrer si elle se casse, je vais m'égosiller les ailes, rien de moins, je vais m'y pendre à toutes les toiles, m'en fiche, c'est ma fenêtre. Et vivement que j'y laisse ma tête.

sans se revoir

Je n'veux plus mentir
Jamais plus aimer
Aller et venir

Sans dire au revoir
m'en retourner.
Encore.



Ça nous change bien peu d'autrefois.

lundi, août 15, 2005

étrange

C'est bizarre comme y'a pas besoin d'être heureux dans la vie pour que tout ce qu'on écrive pendant une certaine période, pouvant s'allonger de quelques jours à une vie entière, soit de la merde. hé merde!

jeudi, août 11, 2005

tentative.

Le monde pour moi se résume
à un album-timbre en deux volumes
Viens voir ici en Sibérie
Ce grand carré qui nous unit.

Encore plus loin.

Demain n'est plus si loin
L'aurore elle-même s'endort
Enfin, si je touchais ta main
Peut-être serions nous morts

Demain n'est plus si loin
Et s'il pleuvait dehors
Et si tout n'était pas vain
Et si sur ton corps...

Demain n'est plus si loin
Je sens ton souffle éteint
S'épancher sur le mien
Peut-être attendre demain.

En bouteille.

Je suis une mouche
Vulgaire volatile
Épiderme tactile
Scrupules farouches

Saisie en vol
Grisée de sucs
Morte au sol
Gisante, caduque

L'aile lasse
Volé trop haut
Trop vite, sans classe
Perdu l'assaut

Resaisis moi
à petit feu
suggère l'émoi
Prends moi si peu

Je suis une mouche
Éteinte, volée
Une pauvre mouche
Domestiquée

mercredi, août 10, 2005

Oh yeah you... got that something.... (-tB.)

You quit with my shirt,
Undressed me 'till I was a rock
Nude and lonesome in the dirt
Shall you come back and unlock
me, before I go crazy or blind
For one time I might wanna be kind.

With you i might wanna be kind.

jeudi, août 04, 2005

Ça manque brutalement de second niveau.

Sauriez-vous saisir
Ce qui m'échappe
J'ai l'âme volage
Et l'heur de fuir

Sauriez-vous suspendre
Mes envies d'être
Au profil des andes
Sans disparaître

Sauriez-vous m'aimer
peu moins que rien
Cela malgré
Mon bien lointain

Sauriez-vous planter
Sans vous salir
Un seul baiser
Et me sourire.

vendredi, juillet 22, 2005

L'annuelle

Chercher à rendre l'âme
Dans les méandres lointains
D'un être taciturne en fables
Les douleurs projetées
sur des murs de bois vert.

Réduire à l'inexorable
L'envie d'élaborer
Des rêves à n'en plus finir
D'une fin concise et impudique

Et vendre des coeurs de jours
Des réduits de fruits rouges
S'approprier des parcelles
Des terres inédites
Résidences de vagabonds échaudés.

Enfin, cueillir, à même l'arbre centenaire
La délicate rosée claire
De jours légers, empruntés
Lentement, s'arroger
Droit de passage dans l'air
Viscérale propriété
d'une fleur sauvage épargnée.

Croire à s'en vendre l'âme
Séjour infini
Sur le soleil d'ambre
Qu'elle prendra vie.

dimanche, juin 19, 2005


qui dit quoi?

samedi, juin 18, 2005

You may

you may kill yourself baby
I might not be the one who'd care, now

cause there ain't no way I'll
ever understand
your kind of passion

between black and white,
I think I’ve chosen my side
and it’s clear to me now
it’s clear as the whitest drapes
hanging in these shadows of yours
in these black curtains of yours

you may do your own now baby
I might not be the one who’d care, now

cause there ain’t no way I’ll
ever want to travel
this kind of a trip

nowhere or elsewhere
I think I’ve chosen my side
and it’s long way for me now
it’s far as the furthest drives
far beyond these shadows of yours
these dark roads of yours

you may go back to your dreams baby
I might not be the one who’d sleep, now

cause there ain’t no way I’ll
ever quit, eh
holding on to pieces of nothing

between day and night
I’m sure I’ve chosen my sight
and it’s hard to me now
It’s hard as the concrete walls
immuring these shadows of yours
these nightmares of yours

holding on to pieces of nothing
holding on to pieces of nothing.

« So long, farewell, auf Wiedersehen, good night
I hate to go and leave this pretty sight. »


jeudi, juin 16, 2005

Les doigts gelés


Clin d'oeil à Julie.

Les chapeaux de spleen

« Le calembour est la fiente de l’esprit qui vole » (Hugo)


y'a plus d'aurore
tous les matins sont gris
à demi clos
y'a plus d'hasard
et sans ta vie
et sans ta peau

et les chapeaux
de spleen pleurent
des lames de nuit
des larmes de jour
bavure exquise
et, calembour
sur l'existence modeste
et l'absence infinie

y'a plus d'aurore
tous les matins sont nuits
totalement clos
exactement clos
parfaitement clos

bêtement, c’est clos.


Périple

« amer savoir, celui qu'on tire du voyage » (Baudelaire)


Conasse
T’as rien compris.
Y’a pas de départ!
Y’a pas de billet
Pas de date, pas d’extra fees.
À peine un «quelque part»
Quand on voyage à pieds.

Vraiment, conasse,
T’as rien compris.
Ou j’me suis mal exprimé.
Tant pis.

P’t’être qu’on est deux
À être des cons.


Lettre d'émission.

À l’emmerdeur,

La présente est pour vous informer que je fuirai, à compter d’hier, votre establishment.

Voici un mois que je suis emmerdé de votre compagnie, et je ne crains plus de constater qu’elle contrevient à mes plus intimes convictions. Je tiens à préciser, davantage pour moi-même que pour sa majesté, qu’aucune raison de santé ou nouveau départ ne me force à quitter. Seulement, vous comprendrez sans doute ma hâte de partir, compte tenu de ma haine de pâtir.

J’ai connu l’entreprise bien avant que vous l’annexiez à votre portefeuille et je puis vous dire avec tout mon irrespect qu’elle fut naguère un endroit où il faisait bon travailler. Ce temps étant révolu, j’ose espérer que vous tardiez maintenant à trouver un nouvel employé sous-payé acceptant de se faire engueuler quotidiennement pour des fadaises ou des fraises.

J’aimerais au passage souligner qu’il m’a été pénible d’endurer votre chiant aplomb boomer­ et votre pédantisme, de même que votre VUS. Votre irresponsabilité à l’égard de la société n’a d’égal que mon mépris pour vous. Par ailleurs, sous aucune considération je n’en aurai pour les monarques qui, parce qu’ils ont réussi à force d’artifice et de mensonge, croient comme vous en avoir à remontrer aux potentiels serfs.

C’est pourquoi, m étant une lettre de démission et aussi de majeur, je vous les adresse conjointement.

Acceptez avec déshonneur mes salutations indistinctes,

Votre infidèle cavalier,
moi.


lundi, juin 13, 2005

M'en vais

Je marche
Je marche
Je marche

Je m'éloigne
Je m'en vais.

Et cette voix à l'intérieur
qui me répète
sans cesse
«You are alone
You are alone
You are alone
You are so fucking alone right now.»

So fucking alone... right...
Now.

lundi, mai 30, 2005

Nacht!

«Nacht!»
Crièrent-ils en silence
Enfin la nuit, ils mourraient.

«Nacht!»
Souffla-t-elle en transe
C'est la nuit, si on s'ouvrait.
«Nacht!»
Cria-t-il, en silence
Déjà la nuit. Il mourait.
«Nacht!»

dimanche, mai 29, 2005


Genevi�ve sur b�ton.

Une ancre et une plume

À quelle heure, le prochain envol?
Suspendus, nous parcourrons Venise
Bien au dessus des amants des gondoles
Qui couleront bien un jour
Tous les bateaux un jour pourrissent

C’est quand, la prochaine marée?
Je mettrai à l’eau une ancre et une plume.
Je me noierai de certitudes
Et sous les brumes je flotterai.

À quelle heure, le prochain envol?
Pieds battants, nous partirons fébriles
Bien au-delà des sommets des alpes
Qui sont tous trop petits
Tout continent n’est en fait qu’île.

C’est quand, la prochaine marée?
Je mettrai à l’eau une ancre et une plume
Mais tu sais bien, je m’en irai
La mer finit toujours par tout bouffer.

C'est "concrete".

Geneviève me l'a dit. C'est «concrete». «Béton», c'est «concrete».
Ça a du sens, quand même. Montréal est trop concret. Trop réel. Trop exprimé. Trop manuel d'instruction.

vendredi, mai 20, 2005

J'avais oublié Ferré

Souvenir d'une ère que je n'aurais jamais dû quitter. Le sentiment associé à l'insouciance, à la véritable légèreté de l'être...

C'est un gosse qui s'amuse. Qui incarne la vie d'un autre, et qui se trouve réjoui de scander à haute voix « y'en a marre », comme si de chanter « On vit on mange et puis on meurt, vous ne trouvez pas que c'est charmant et qu'ça suffit à notre bonheur » avait quelque chose de joyeux.

Pourtant je rayonnais. Je vivais de le hurler, de le croire. Mais risiblement, je ne comprenais pas. J'y pigeais rien. Et c'était bien.

mardi, mai 17, 2005

Part of the truth.


Combattons les idées préconçues. Il arrive qu'elle ne tombe pas du côté beurré.

vendredi, mai 13, 2005

Publicité...

Une fille, peau nacrée, en tenue légère mais découpée. Sans fioritures, droite. Tenue style sport d'intérieur. Style bikini presque grossier, mais quelle fille! mais quel corps y'a là-dessous. Devant elle, un miroir. Beau miroir. Cadre de bois, look moderne. La fille s'y mire. Regard chaleureux dans la glace, de quoi vous faire fondre.

Titre : « Réfléchissez-y »

Signature : « Vitrerie Du Sablon »

----
Je sais, ça fait très «99 francs», mais ça expose bien l'idée que j'avais en tête dans le dernier texte.

Tout l'occident...

Au XXIe siècle, l'occident a fait le pari de se gouverner et de re régir grâce à une loi naturelle et strictement animale. Le désir de reproduction de l'homme allait devenir le Graal de la modernité : désormais, plus que le phénomène lui-même de procréation, ce devrait être l'idée de la procréation qui discriminerait riches et pauvres, populaires et impopulaires, dominés et dominants.

Qui a un sex appeal grandiose obtiendra carrière grandiose, richesse, et popularité. Désormais, le potentiel de reproductivité distingue physiquement ceux qui réussissent de ceux qui échouent. Cela a avoir avec la beauté physique (évaluable selon des critères sans cesse remodelés et toujours plus sévères), avec la personnalité (la plus légère et la plus accessible étant la plus prometteuse de jouissance physique), ainsi qu'avec la conformité sociale de l'esprit, proposant que quiconque est peu critique risque moins de vous critiquer. Quoique...

En effet, on n'a de cesse de considérer la femme fatale inaccessible, belle et distinguée mais toujours réservée de prime abord. Ce qu'il y a de merveilleux dans l'american dream, c'est que même le dernier des nullards, s'il éveille ses profondes pulsions, deviendra grand tombeur et accèdera aux plaisirs «interdits» avec ladite femme de ses rêves.

De son côté, l'homme de rêve est probablement beau et grand, fier, mais dans son regard, ce "petit quelque chose" mystérieux lui confère la supériorité intellectuelle sur son espèce, dont la potentielle partenaire n'a toutefois rien à faire.

Dans un cas comme dans l'autre, cette projection d'inaccessibilité n'est généralement qu'un superficiel maquillage qui s'estompe dès que l'approche du sexe opposé est assez convaincue. Dans les faits, le bluff est roi.

Dans les faits, les gens en ont marre. D'un point de vue extérieur, c'est-à-dire lorsqu'ils ne sont pas en situation de drague, hommes et femmes disent être las de cette façon de faire, de cette façon d'être, dont les publicitaires et les magnats de la presse-rapide nous bombardent. Dans les faits, le paradigme est réel mais pas moins interchangeable. (Il faudrait à ce sujet exposer les réflexions de Sartre et de Heideger sur le réel...)

La prémisse de base de notre société de consommation est que pour permettre à l'économie de "rouler" (ou pour nous rouler, c'est selon), on doit réduire l'humain à sa plus simple expression, animale, qui lui commande la survie de son espèce. Exit le reste. C'est, ont identifié les psychochosificateurs et autres réflexionneux de la bêtise humaine, en se fiant à cette nécessité corporelle que l'on peut en venir à dominer les masses. Car ainsi regroupés en une société de travailleurs, les individus sont fourvoyés par leur propre inconscience. D'abord occupés à travailler pour gagner leur pain puis leur grille-pain, puis leur boîte à pain puis leur comptoir pour poser la boîte à pain, puis leur cuisine rénovée avec armoires de bois verni au lieu de stratifié pour entourer le comptoir puis leur maison luxueuse pour bien asseoir cette cuisine digne du chef en vous puis leur aménagement paysager afin que cette maison de rêve trouve refuge dans une ambiance mi-campagne, mi-ville... (enfin vous comprenez) La poursuite de cette conquête commerciale des masses ne peut plus passer que par la confusion.

Ainsi, on balance au potentiel consommateur l'idée, vendue avec le corps. La confusion est assurée : l'idée pénètre l'esprit, le corps l'y fait coller. On se sert de l'esprit, de la pensée humaine, pour lui faire croire que son existence n'est que procréation.

En vérité, on ne vend pas le corps. On continue de vendre l'idée, mais celle-ci est désormais "justifiée" par une pulsion naissante. On fait entrer le corps dans l'esprit, confondant du coup l'individu. Il participera à la masse en voyant le corps, en l'intellectualisant puis en justifiant socialement son geste par la réflexion, pourtant erronée, qu'il a eue.

Je n'élabore rien de nouveau, direz-vous. Pourtant, si. D'abord un exemple, ensuite un dénouement.

Je suis au coin de la rue, j'ai faim. Je vois deux arches jaunes. « C'est ça que j'M ». Faux. Pourtant, j'ai faim et McDonalds est là. J'entre. Pub géante. Deux hamburgers, deux dollars. Wâw. Quel beau sandwich. Je sais que celui que je vais manger sera beaucoup plus laid et goûtera étrangement différent de ce que j'imagine. Intellectualisons. J'ai faim, ce hamburger est tout à fait convenable. En fait j'en aurai deux. Ça n'est vraiment pas cher. Bon. Voulez-vous la frite, me demande la fille. Distrait par ses beaux yeux. Ouais. Le coke? Ouais. Chausson aux pommes? ouais. ouais ouais. Qu'est-ce que je veux vraiment? Basic instinct.

Je veux du plaisir. Depuis des millénaires, je -- humain -- veux me reproduire. Promesse de fantaisie, la coquette jeune fille me propose tout plein de trucs dont je ne veux pas mais j'ai déjà fait mon intellectualisation de la journée. Tant pis. Je prends tout. Et votre numéro de téléphone, mademoiselle?

JAMAIS la « peseuse de pitons » de chez McDo ne m'aurait demandé si j'avais faim pour un chausson. C'eut été trop rationel. VEUX-TU?. Oui je te veux. Tout ce que tu veux.

Voici ce que je propose. Qu'on change de paradigme. Qu'on s'adresse à l'intelligence de l'humain. Véritablement. La base de l'humain est-elle vraiment la « sélection naturelle »? Si l'humain est doté de la capacité de penser, c'est donc que, peut-être, la prémisse de base de l'humanité n'est PAS la sexualité. Celle-ci n'est possiblement qu'un moyen de subsistance qui aurait malheureusement pris une trop grande place, fruit des autres bassesses du genre humain, notons au passage: la paresse.

En publicité comme en mass-média, voire en politique, on s'est jusqu'ici intéressé au plus petit dénominateur commun de l'humain en tant qu'espèce : le sexe. Jamais en tant que rassemblement d'esprit. L'esprit humain a forcément un plus petit dénominateur commun, qu'on a jusqu'ici confondu avec celui du corps animal qui le soutient. La publicité peut avoir autant de force si on s'intéresse à ce qu'il y a de plus profondément ancré en nous, à savoir, la ... le ...

Qu'on le questionne, qu'on l'y force. La bouffe de chez McDo peut rester sensiblement la même. Mais pourquoi ne pas demander au client de réfléchir, vraiment, à ce qu'il a faim pour manger?

Pourquoi? Parce que ça n'est pas payant, à court terme. Parce que ça n'est pas payant, pour la chaîne. Alors quoi? Le mouvement doit venir des masses elles-mêmes, mais risque fort peu de se faire. ALORS QUOI?

Laissez-moi plancher là-dessus. Je vous reviens.

mardi, mai 10, 2005

Je vous dominerai.

« Vous savez ce qu'on dit dans ces circonstances? Hein?

Bande d'ignares, vous n'osez même pas savoir. On dit "pff". On dit "zzzut!". On dit "meu oui, meu oui!". Ou encore on dit "Cause toujours, tit cul, mais commence par faire de l'ordre dans tes jouets". Mais vous ne savez pas, ce qu'on dit.

Vous ne me le dites pas. Vous en pleurez, plutôt, pauvres branchies bouchées d'estampillettes moites. Vulgaires souliers de cuirette usés. Chiffons malodorants. Bécanes rouillées sans roues qui roulent. Z'êtes caves. Z'êtes mous. Z'êtes pas meilleurs que moi. Quand on sait parler en réunion, faire plier les patrons, parler aux dames, stopper les blagues grasses des non moins gras plombiers, alors quand on sait faire tout ça, on ne dit pas "Ga'dons le bô bébéi! Allô! ta ta ta toi..."

I will dominate; un jour, quand j'serai grand... »

Il rit d'une voix stridente et on lui mit sa suce entre les dents.

dimanche, mai 08, 2005

I want to dye.

Je veux mourir. Pas exactement aujourd'hui, mais bientôt. Pas exactement maintenant, mais tantôt. Pas précisément mourir mais disparaître. Pas justement partir, mais inconsciemment m'éloigner.

Je prône la destruction, parce que tout est mort de toute façon. J'exige la servitude, parce que rien n'est souverain. Je veux dominer, mais courtement, parce que la beauté est éphémère et la laideur patiente.

Entre temps, j'erre.

Avant de m'éteindre, avant de brûler, de noircir, je veux de l'artifice, de la couleur. Du ciel rose et de la mer turquoise. De l'extravagant, de l'orangé partout, du rayé pourquoi pas.

Avant d'être rayé de cette surface, je veux y laisser ma strie, ma marque, mes couleurs. I definitely want to dye.

vendredi, mai 06, 2005

How do we say "Béton"

« How do we say "Béton"? Anyway I don't like Montréal 'cause there's too much of it ».

Et je me sens comme une brique, aux propos lourds d'incohérence et d'inconsistence. Je suis une bouette de fabriquation de brique, I'm "unthickened, not yet dried ciment", I'm an elephant, a stupid white elephant with wide ears and loooooong nose, I'm a stupid frenchie, un être futile et sans profondeur, je suis une surface plane, je suis plat et rond, je suis un cercle vide, je suis une carotte, je suis un ruban à mesurer, une rondelle d'oignon, je suis cru, je suis une branche morte, une métaphore déambulatoire, je suis un exercice stylistique ardu et incomplet, je suis une odeur rance de canelle brûlée, je suis une chienne excessive, un poison riverain, je suis de la crème blanche, visqueuse, je suis une grimace en sourdine, un cardinal lourd et désoeuvré, je suis une tache noirâtre, un vent de l'ouest, un champion du ku klux klan, une merde transationale.

Moi je cherchais quelque chose à dire et la conne elle a pas vu la métaphore, c'est sûr. Je me rassure souvent en me disant que je vaux plus que l'image que je projette, mais... doute. Un projecteur qui éclaire 1000 watt vaut mille watt, fait circuler mille watt. That's all.

De toute façon c'était une bouchée d'anglaise, n'est-ce pas? Goûte amer comme le thé noir. I'm drowning in it. Et dans des discussions superficiellement engagées et superficiellement engagées.