dimanche, juin 19, 2005


qui dit quoi?

samedi, juin 18, 2005

You may

you may kill yourself baby
I might not be the one who'd care, now

cause there ain't no way I'll
ever understand
your kind of passion

between black and white,
I think I’ve chosen my side
and it’s clear to me now
it’s clear as the whitest drapes
hanging in these shadows of yours
in these black curtains of yours

you may do your own now baby
I might not be the one who’d care, now

cause there ain’t no way I’ll
ever want to travel
this kind of a trip

nowhere or elsewhere
I think I’ve chosen my side
and it’s long way for me now
it’s far as the furthest drives
far beyond these shadows of yours
these dark roads of yours

you may go back to your dreams baby
I might not be the one who’d sleep, now

cause there ain’t no way I’ll
ever quit, eh
holding on to pieces of nothing

between day and night
I’m sure I’ve chosen my sight
and it’s hard to me now
It’s hard as the concrete walls
immuring these shadows of yours
these nightmares of yours

holding on to pieces of nothing
holding on to pieces of nothing.

« So long, farewell, auf Wiedersehen, good night
I hate to go and leave this pretty sight. »


jeudi, juin 16, 2005

Les doigts gelés


Clin d'oeil à Julie.

Les chapeaux de spleen

« Le calembour est la fiente de l’esprit qui vole » (Hugo)


y'a plus d'aurore
tous les matins sont gris
à demi clos
y'a plus d'hasard
et sans ta vie
et sans ta peau

et les chapeaux
de spleen pleurent
des lames de nuit
des larmes de jour
bavure exquise
et, calembour
sur l'existence modeste
et l'absence infinie

y'a plus d'aurore
tous les matins sont nuits
totalement clos
exactement clos
parfaitement clos

bêtement, c’est clos.


Périple

« amer savoir, celui qu'on tire du voyage » (Baudelaire)


Conasse
T’as rien compris.
Y’a pas de départ!
Y’a pas de billet
Pas de date, pas d’extra fees.
À peine un «quelque part»
Quand on voyage à pieds.

Vraiment, conasse,
T’as rien compris.
Ou j’me suis mal exprimé.
Tant pis.

P’t’être qu’on est deux
À être des cons.


Lettre d'émission.

À l’emmerdeur,

La présente est pour vous informer que je fuirai, à compter d’hier, votre establishment.

Voici un mois que je suis emmerdé de votre compagnie, et je ne crains plus de constater qu’elle contrevient à mes plus intimes convictions. Je tiens à préciser, davantage pour moi-même que pour sa majesté, qu’aucune raison de santé ou nouveau départ ne me force à quitter. Seulement, vous comprendrez sans doute ma hâte de partir, compte tenu de ma haine de pâtir.

J’ai connu l’entreprise bien avant que vous l’annexiez à votre portefeuille et je puis vous dire avec tout mon irrespect qu’elle fut naguère un endroit où il faisait bon travailler. Ce temps étant révolu, j’ose espérer que vous tardiez maintenant à trouver un nouvel employé sous-payé acceptant de se faire engueuler quotidiennement pour des fadaises ou des fraises.

J’aimerais au passage souligner qu’il m’a été pénible d’endurer votre chiant aplomb boomer­ et votre pédantisme, de même que votre VUS. Votre irresponsabilité à l’égard de la société n’a d’égal que mon mépris pour vous. Par ailleurs, sous aucune considération je n’en aurai pour les monarques qui, parce qu’ils ont réussi à force d’artifice et de mensonge, croient comme vous en avoir à remontrer aux potentiels serfs.

C’est pourquoi, m étant une lettre de démission et aussi de majeur, je vous les adresse conjointement.

Acceptez avec déshonneur mes salutations indistinctes,

Votre infidèle cavalier,
moi.


lundi, juin 13, 2005

M'en vais

Je marche
Je marche
Je marche

Je m'éloigne
Je m'en vais.

Et cette voix à l'intérieur
qui me répète
sans cesse
«You are alone
You are alone
You are alone
You are so fucking alone right now.»

So fucking alone... right...
Now.

lundi, mai 30, 2005

Nacht!

«Nacht!»
Crièrent-ils en silence
Enfin la nuit, ils mourraient.

«Nacht!»
Souffla-t-elle en transe
C'est la nuit, si on s'ouvrait.
«Nacht!»
Cria-t-il, en silence
Déjà la nuit. Il mourait.
«Nacht!»

dimanche, mai 29, 2005


Genevi�ve sur b�ton.

Une ancre et une plume

À quelle heure, le prochain envol?
Suspendus, nous parcourrons Venise
Bien au dessus des amants des gondoles
Qui couleront bien un jour
Tous les bateaux un jour pourrissent

C’est quand, la prochaine marée?
Je mettrai à l’eau une ancre et une plume.
Je me noierai de certitudes
Et sous les brumes je flotterai.

À quelle heure, le prochain envol?
Pieds battants, nous partirons fébriles
Bien au-delà des sommets des alpes
Qui sont tous trop petits
Tout continent n’est en fait qu’île.

C’est quand, la prochaine marée?
Je mettrai à l’eau une ancre et une plume
Mais tu sais bien, je m’en irai
La mer finit toujours par tout bouffer.

C'est "concrete".

Geneviève me l'a dit. C'est «concrete». «Béton», c'est «concrete».
Ça a du sens, quand même. Montréal est trop concret. Trop réel. Trop exprimé. Trop manuel d'instruction.

vendredi, mai 20, 2005

J'avais oublié Ferré

Souvenir d'une ère que je n'aurais jamais dû quitter. Le sentiment associé à l'insouciance, à la véritable légèreté de l'être...

C'est un gosse qui s'amuse. Qui incarne la vie d'un autre, et qui se trouve réjoui de scander à haute voix « y'en a marre », comme si de chanter « On vit on mange et puis on meurt, vous ne trouvez pas que c'est charmant et qu'ça suffit à notre bonheur » avait quelque chose de joyeux.

Pourtant je rayonnais. Je vivais de le hurler, de le croire. Mais risiblement, je ne comprenais pas. J'y pigeais rien. Et c'était bien.

mardi, mai 17, 2005

Part of the truth.


Combattons les idées préconçues. Il arrive qu'elle ne tombe pas du côté beurré.

vendredi, mai 13, 2005

Publicité...

Une fille, peau nacrée, en tenue légère mais découpée. Sans fioritures, droite. Tenue style sport d'intérieur. Style bikini presque grossier, mais quelle fille! mais quel corps y'a là-dessous. Devant elle, un miroir. Beau miroir. Cadre de bois, look moderne. La fille s'y mire. Regard chaleureux dans la glace, de quoi vous faire fondre.

Titre : « Réfléchissez-y »

Signature : « Vitrerie Du Sablon »

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Je sais, ça fait très «99 francs», mais ça expose bien l'idée que j'avais en tête dans le dernier texte.

Tout l'occident...

Au XXIe siècle, l'occident a fait le pari de se gouverner et de re régir grâce à une loi naturelle et strictement animale. Le désir de reproduction de l'homme allait devenir le Graal de la modernité : désormais, plus que le phénomène lui-même de procréation, ce devrait être l'idée de la procréation qui discriminerait riches et pauvres, populaires et impopulaires, dominés et dominants.

Qui a un sex appeal grandiose obtiendra carrière grandiose, richesse, et popularité. Désormais, le potentiel de reproductivité distingue physiquement ceux qui réussissent de ceux qui échouent. Cela a avoir avec la beauté physique (évaluable selon des critères sans cesse remodelés et toujours plus sévères), avec la personnalité (la plus légère et la plus accessible étant la plus prometteuse de jouissance physique), ainsi qu'avec la conformité sociale de l'esprit, proposant que quiconque est peu critique risque moins de vous critiquer. Quoique...

En effet, on n'a de cesse de considérer la femme fatale inaccessible, belle et distinguée mais toujours réservée de prime abord. Ce qu'il y a de merveilleux dans l'american dream, c'est que même le dernier des nullards, s'il éveille ses profondes pulsions, deviendra grand tombeur et accèdera aux plaisirs «interdits» avec ladite femme de ses rêves.

De son côté, l'homme de rêve est probablement beau et grand, fier, mais dans son regard, ce "petit quelque chose" mystérieux lui confère la supériorité intellectuelle sur son espèce, dont la potentielle partenaire n'a toutefois rien à faire.

Dans un cas comme dans l'autre, cette projection d'inaccessibilité n'est généralement qu'un superficiel maquillage qui s'estompe dès que l'approche du sexe opposé est assez convaincue. Dans les faits, le bluff est roi.

Dans les faits, les gens en ont marre. D'un point de vue extérieur, c'est-à-dire lorsqu'ils ne sont pas en situation de drague, hommes et femmes disent être las de cette façon de faire, de cette façon d'être, dont les publicitaires et les magnats de la presse-rapide nous bombardent. Dans les faits, le paradigme est réel mais pas moins interchangeable. (Il faudrait à ce sujet exposer les réflexions de Sartre et de Heideger sur le réel...)

La prémisse de base de notre société de consommation est que pour permettre à l'économie de "rouler" (ou pour nous rouler, c'est selon), on doit réduire l'humain à sa plus simple expression, animale, qui lui commande la survie de son espèce. Exit le reste. C'est, ont identifié les psychochosificateurs et autres réflexionneux de la bêtise humaine, en se fiant à cette nécessité corporelle que l'on peut en venir à dominer les masses. Car ainsi regroupés en une société de travailleurs, les individus sont fourvoyés par leur propre inconscience. D'abord occupés à travailler pour gagner leur pain puis leur grille-pain, puis leur boîte à pain puis leur comptoir pour poser la boîte à pain, puis leur cuisine rénovée avec armoires de bois verni au lieu de stratifié pour entourer le comptoir puis leur maison luxueuse pour bien asseoir cette cuisine digne du chef en vous puis leur aménagement paysager afin que cette maison de rêve trouve refuge dans une ambiance mi-campagne, mi-ville... (enfin vous comprenez) La poursuite de cette conquête commerciale des masses ne peut plus passer que par la confusion.

Ainsi, on balance au potentiel consommateur l'idée, vendue avec le corps. La confusion est assurée : l'idée pénètre l'esprit, le corps l'y fait coller. On se sert de l'esprit, de la pensée humaine, pour lui faire croire que son existence n'est que procréation.

En vérité, on ne vend pas le corps. On continue de vendre l'idée, mais celle-ci est désormais "justifiée" par une pulsion naissante. On fait entrer le corps dans l'esprit, confondant du coup l'individu. Il participera à la masse en voyant le corps, en l'intellectualisant puis en justifiant socialement son geste par la réflexion, pourtant erronée, qu'il a eue.

Je n'élabore rien de nouveau, direz-vous. Pourtant, si. D'abord un exemple, ensuite un dénouement.

Je suis au coin de la rue, j'ai faim. Je vois deux arches jaunes. « C'est ça que j'M ». Faux. Pourtant, j'ai faim et McDonalds est là. J'entre. Pub géante. Deux hamburgers, deux dollars. Wâw. Quel beau sandwich. Je sais que celui que je vais manger sera beaucoup plus laid et goûtera étrangement différent de ce que j'imagine. Intellectualisons. J'ai faim, ce hamburger est tout à fait convenable. En fait j'en aurai deux. Ça n'est vraiment pas cher. Bon. Voulez-vous la frite, me demande la fille. Distrait par ses beaux yeux. Ouais. Le coke? Ouais. Chausson aux pommes? ouais. ouais ouais. Qu'est-ce que je veux vraiment? Basic instinct.

Je veux du plaisir. Depuis des millénaires, je -- humain -- veux me reproduire. Promesse de fantaisie, la coquette jeune fille me propose tout plein de trucs dont je ne veux pas mais j'ai déjà fait mon intellectualisation de la journée. Tant pis. Je prends tout. Et votre numéro de téléphone, mademoiselle?

JAMAIS la « peseuse de pitons » de chez McDo ne m'aurait demandé si j'avais faim pour un chausson. C'eut été trop rationel. VEUX-TU?. Oui je te veux. Tout ce que tu veux.

Voici ce que je propose. Qu'on change de paradigme. Qu'on s'adresse à l'intelligence de l'humain. Véritablement. La base de l'humain est-elle vraiment la « sélection naturelle »? Si l'humain est doté de la capacité de penser, c'est donc que, peut-être, la prémisse de base de l'humanité n'est PAS la sexualité. Celle-ci n'est possiblement qu'un moyen de subsistance qui aurait malheureusement pris une trop grande place, fruit des autres bassesses du genre humain, notons au passage: la paresse.

En publicité comme en mass-média, voire en politique, on s'est jusqu'ici intéressé au plus petit dénominateur commun de l'humain en tant qu'espèce : le sexe. Jamais en tant que rassemblement d'esprit. L'esprit humain a forcément un plus petit dénominateur commun, qu'on a jusqu'ici confondu avec celui du corps animal qui le soutient. La publicité peut avoir autant de force si on s'intéresse à ce qu'il y a de plus profondément ancré en nous, à savoir, la ... le ...

Qu'on le questionne, qu'on l'y force. La bouffe de chez McDo peut rester sensiblement la même. Mais pourquoi ne pas demander au client de réfléchir, vraiment, à ce qu'il a faim pour manger?

Pourquoi? Parce que ça n'est pas payant, à court terme. Parce que ça n'est pas payant, pour la chaîne. Alors quoi? Le mouvement doit venir des masses elles-mêmes, mais risque fort peu de se faire. ALORS QUOI?

Laissez-moi plancher là-dessus. Je vous reviens.

mardi, mai 10, 2005

Je vous dominerai.

« Vous savez ce qu'on dit dans ces circonstances? Hein?

Bande d'ignares, vous n'osez même pas savoir. On dit "pff". On dit "zzzut!". On dit "meu oui, meu oui!". Ou encore on dit "Cause toujours, tit cul, mais commence par faire de l'ordre dans tes jouets". Mais vous ne savez pas, ce qu'on dit.

Vous ne me le dites pas. Vous en pleurez, plutôt, pauvres branchies bouchées d'estampillettes moites. Vulgaires souliers de cuirette usés. Chiffons malodorants. Bécanes rouillées sans roues qui roulent. Z'êtes caves. Z'êtes mous. Z'êtes pas meilleurs que moi. Quand on sait parler en réunion, faire plier les patrons, parler aux dames, stopper les blagues grasses des non moins gras plombiers, alors quand on sait faire tout ça, on ne dit pas "Ga'dons le bô bébéi! Allô! ta ta ta toi..."

I will dominate; un jour, quand j'serai grand... »

Il rit d'une voix stridente et on lui mit sa suce entre les dents.

dimanche, mai 08, 2005

I want to dye.

Je veux mourir. Pas exactement aujourd'hui, mais bientôt. Pas exactement maintenant, mais tantôt. Pas précisément mourir mais disparaître. Pas justement partir, mais inconsciemment m'éloigner.

Je prône la destruction, parce que tout est mort de toute façon. J'exige la servitude, parce que rien n'est souverain. Je veux dominer, mais courtement, parce que la beauté est éphémère et la laideur patiente.

Entre temps, j'erre.

Avant de m'éteindre, avant de brûler, de noircir, je veux de l'artifice, de la couleur. Du ciel rose et de la mer turquoise. De l'extravagant, de l'orangé partout, du rayé pourquoi pas.

Avant d'être rayé de cette surface, je veux y laisser ma strie, ma marque, mes couleurs. I definitely want to dye.

vendredi, mai 06, 2005

How do we say "Béton"

« How do we say "Béton"? Anyway I don't like Montréal 'cause there's too much of it ».

Et je me sens comme une brique, aux propos lourds d'incohérence et d'inconsistence. Je suis une bouette de fabriquation de brique, I'm "unthickened, not yet dried ciment", I'm an elephant, a stupid white elephant with wide ears and loooooong nose, I'm a stupid frenchie, un être futile et sans profondeur, je suis une surface plane, je suis plat et rond, je suis un cercle vide, je suis une carotte, je suis un ruban à mesurer, une rondelle d'oignon, je suis cru, je suis une branche morte, une métaphore déambulatoire, je suis un exercice stylistique ardu et incomplet, je suis une odeur rance de canelle brûlée, je suis une chienne excessive, un poison riverain, je suis de la crème blanche, visqueuse, je suis une grimace en sourdine, un cardinal lourd et désoeuvré, je suis une tache noirâtre, un vent de l'ouest, un champion du ku klux klan, une merde transationale.

Moi je cherchais quelque chose à dire et la conne elle a pas vu la métaphore, c'est sûr. Je me rassure souvent en me disant que je vaux plus que l'image que je projette, mais... doute. Un projecteur qui éclaire 1000 watt vaut mille watt, fait circuler mille watt. That's all.

De toute façon c'était une bouchée d'anglaise, n'est-ce pas? Goûte amer comme le thé noir. I'm drowning in it. Et dans des discussions superficiellement engagées et superficiellement engagées.